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Cancer de la prostate : schéma organes

Cancer de la prostate

Le cancer de la prostate se développe généralement de manière progressive, souvent sur plusieurs années. Cette croissance lente explique pourquoi de nombreux patients ne présentent initialement aucun symptôme perceptible. 

Comprendre le cancer de la prostate

En France, le cancer de la prostate est le plus fréquent chez l’homme(1). Plus de 80 % de ces cancers sont diagnostiqués alors qu’ils sont encore localisés à la prostate, ce qui constitue l’un des principal facteur de bon pronostic(2).

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Cancer de la prostate : schéma des organes avec légendes

Qu'est-ce que la prostate et à quoi sert-elle ?

La prostate constitue une glande exclusivement masculine, située sous la vessie et entourant l'urètre. Cette structure anatomique, de la taille d'une noix chez l'homme jeune, joue un rôle fondamental dans la fonction reproductrice masculine. Elle produit une partie du liquide séminal qui nourrit et protège les spermatozoïdes lors de l'éjaculation.

Avec l'âge, la prostate subit naturellement des modifications de volume et de structure. Ces changements physiologiques peuvent parfois évoluer vers des pathologies bénignes ou malignes, nécessitant une surveillance médicale appropriée.

Quels sont les facteurs de risque ?

Tous les hommes présentent un risque de développer un cancer de la prostate (3), mais plusieurs facteurs augmentent le risque :

Facteurs non modifiables

  • Âge avancé (risque croissant après 50 ans)
  • Origine ethnique (risque plus élevé chez les hommes d'origine africaine ou antillaise)
  • Antécédents familiaux de cancer de la prostate ou du sein

Facteurs environnementaux

  • Alimentation riche en graisses saturées
  • Obésité
  • Sédentarité
  • Exposition professionnelle à certains toxiques

Quels sont les symptômes & premiers signes d’un cancer de la prostate ?

Les manifestations initiales du cancer de la prostate peuvent passer inaperçues, lorsque des symptômes apparaissent, ils concernent principalement la fonction urinaire et peuvent inclure (3) :

Des troubles urinaires

  • Difficultés à initier la miction
  • Jet urinaire faible ou interrompu
  • Sensation de vidange incomplète de la vessie
  • Augmentation de la fréquence des mictions, particulièrement nocturne
  • Urgences mictionnelles difficiles à contrôler

Mais aussi

  • Présence de sang dans les urines ou le sperme
  • Douleurs pelviennes persistantes
  • Dysfonction érectile nouvelle ou aggravée
  • Douleurs lors de l'éjaculation

Gardez à l’esprit que ces symptômes peuvent être causés par d’autres affections que le cancer de la prostate. Si vous présentez l’un de ces symptômes, consultez votre médecin.

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Comment est diagnostiqué le cancer de la prostate ?

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Cancer de la prostate - Toucher rectal

Le toucher rectal 

Cet examen clinique fondamental permet au médecin d'évaluer la taille et la consistance de la prostate,  un nodule dur ou une asymétrie de la glande peut constituer un signe d'alerte nécessitant des investigations complémentaires.

Est-il possible d'effectuer une autopalpation ?

Contrairement à d'autres organes, la prostate ne peut pas faire l'objet d'une autopalpation par le patient. Sa localisation anatomique profonde rend nécessaire l'intervention d'un professionnel de santé qualifié pour l'examiner correctement.

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Cancer de la prostate - Test PSA

Le dosage du PSA par prise de sang

L'antigène spécifique prostatique (PSA) représente un marqueur biologique essentiel dans le dépistage du cancer de la prostate. Cette protéine, produite exclusivement par les cellules prostatiques, voit sa concentration sanguine augmenter en cas de pathologie prostatique.  

Les valeurs de PSA varient d’un individu à l’autre et ne peuvent être considérées comme universelles. Avec l’âge, il est normal que le taux augmente en raison de l’augmentation physiologique du volume de la prostate. Cette évolution rend nécessaire une interprétation adaptée aux différentes tranches d’âge(4) :

  • Valeur physiologique avant 50 ans : taux de PSA inférieur à 2,5 ng/ml
  • Valeur physiologique entre 50 et 60 ans : taux de PSA inférieur à 3,5 ng/ml
  • Valeur physiologique entre 60 et 70 ans : taux de PSA inférieur à 4,5 ng/ml
  • Valeur physiologique entre 70 et 80 ans : taux de PSA inférieur à 6,5 ng/ml

Une élévation du taux de PSA ne signifie pas systématiquement la présence d'un cancer. D’autres pathologies bénignes peuvent également influencer ce marqueur.

Les biopsies de prostate

Lorsque les examens initiaux suggèrent la présence d'une anomalie, les biopsies prostatiques constituent l'examen de référence pour confirmer le diagnostic. Cette procédure permet de prélever des échantillons tissulaires pour analyse au microscope (3).

En cas de diagnostic de cancer de la prostate, des examens complémentaires sont effectués afin de déterminer si les cellules cancéreuses se sont propagées à l’intérieur de la prostate ou vers d’autres parties du corps, comme un scanner, une imagerie des os avec un traceur (scintigraphie) ou une IRM : Ces investigations permettent de préciser l’extension de la maladie et d’orienter la prise en charge.

Les différents types et stades du cancer de la prostate

Quand un cancer de la prostate est diagnostiqué, des examens d’imagerie permettent de vérifier s’il reste limité à la prostate ou s’il s’est propagé aux ganglions ou aux os. Ces informations servent à déterminer l’extension réelle de la maladie, ce que l’on appelle la stadification.

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Différents stades du cancer de la prostate

La stadification

Pour décrire cette extension, les médecins utilisent deux façons complémentaires de classer le cancer :

  1. Le système TNM :  
  • T (Tumeur) : extension locale de la tumeur
  • N (Nodes/Ganglions) : atteinte des ganglions lymphatiques.  
  • M (Métastase) : présence de métastases à distance.
  1. À partir de ces éléments techniques, le cancer est ensuite résumé en stades numérotés de 1 à 4 :
  • Stade 1 : n’a pas été détectée au toucher rectal
  • Stade 2 : le toucher rectal révèle le cancer par la présence d’une masse dure
  • Stade 3 :  les cellules cancéreuses se sont étendues au-delà de la glande
  • Stade 4 :  la maladie a pris une plus grande ampleur et touche d’autres parties du corps

Quels sont les traitements ?

Le choix du traitement dépend du type de cancer, de son agressivité, de son stade, ainsi que de l’âge et l’état de santé du patient. Chaque décision est discutée en réunion pluridisciplinaire afin de proposer une prise en charge personnalisée.

La prostatectomie totale

La prostatectomie totale consiste à retirer l’ensemble de la prostate.  Elle est proposée pour les cancers localisés mais potentiellement agressifs. 
L’intervention peut être réalisée :

  • par voie ouverte,
  • ou par coelioscopie standard ou Robot Assistée.

La radiothérapie

La radiothérapie est parfois proposée en alternative à la chirurgie, selon :

  • le grade de la maladie,
  • les fragilités du patient,
  • ou son âge.

Le traitement s’effectue sur plusieurs semaines et consiste à détruire les cellules cancéreuses grâce à des rayons ciblés. 
Il peut être associé à une hormonothérapie pour renforcer son efficacité.

La surveillance active

Cette approche est indiquée pour les formes localisées à faible risque. Elle permet de retarder un traitement tant que la maladie reste stable, afin d’éviter des effets secondaires inutiles. 
Le suivi repose sur :

  • des examens cliniques réguliers,
  • des dosages du PSA,
  • des IRM de la prostate,
  • et des biopsies si nécessaire.

L’abstention-surveillance clinique

(watchful waiting)

Différente de la surveillance active, cette approche est proposée aux patients âgés ou fragiles. 
Le traitement n’est initié qu’en cas de symptômes, dans une logique palliative.

L’hormonothérapie

L’hormonothérapie bloque les androgènes, hormones qui stimulent la croissance des cellules cancéreuses. 
Elle est utilisée :

  • en complément de la radiothérapie pour les cancers localement avancés,
  • ou en traitement principal pour les cancers métastatiques.

Effets secondaires et qualité de vie

Les traitements du cancer de la prostate peuvent engendrer des effets secondaires impactant la qualité de vie. L'incontinence urinaire et la dysfonction érectile constituent les principales préoccupations après prostatectomie radicale ou la radiothérapie. Une prise en charge spécialisée (rééducation périnéale, traitements pharmacologiques) permet d'optimiser la récupération fonctionnelle.

L'hormonothérapie peut provoquer des bouffées de chaleur, une fatigue, une prise de poids et des modifications de l'humeur. Un suivi attentif et des mesures d'accompagnement appropriées permettent d'améliorer la tolérance de ces traitements.

Les patients peuvent avoir besoin de soins de support, ceux-ci regroupent différentes formes d’accompagnement destinées à améliorer le confort et le bien-être pendant les traitements, par exemple : gestion de la douleur, soutien psychologique, conseils nutritionnels, activité physique adaptée ou accompagnement social. Ils ont pour objectif d’améliorer le confort et le bien-être, en complément des traitements contre le cancer.

Comment se déroule la surveillance post-thérapeutique ?

Après traitement, un suivi médical régulier est indispensable. Ce suivi repose principalement sur la surveillance de l'évolution du taux de PSA, complétée par l'examen clinique et, si nécessaire, par des examens d'imagerie.

Le rythme de surveillance dépend du type de traitement reçu et du risque de récidive, généralement plus fréquent les premières années puis s'espaçant progressivement.

Quel est le médecin spécialiste de la prostate ?

L'urologue représente le spécialiste médical de référence pour toutes les pathologies prostatiques. Ce praticien possède l'expertise nécessaire pour diagnostiquer, traiter et assurer le suivi des patients atteints de cancer de la prostate. L'oncologue médical peut également intervenir dans la prise en charge, particulièrement pour les traitements systémiques comme la chimiothérapie ou l'hormonothérapie.

La collaboration entre différents spécialistes (urologue, oncologue, radiothérapeute) garantit une approche multidisciplinaire optimale, adaptée à chaque situation clinique particulière.

Prévention et dépistage : les clés pour agir

Les recommandations actuelles préconisent une approche individualisée, tenant compte des facteurs de risque et des préférences du patient après information éclairée(6).  

Pour plus de détails et afin de vérifier si un dépistage est indiqué dans votre cas, il est conseillé de prendre rendez-vous et d’en discuter directement avec votre médecin ce qui permettra(6) :

  • D’évaluer vos facteurs de risque personnels,
  • De comprendre les bénéfices et les limites des tests,
  • D’éviter des examens inutiles,
  • Et de décider ensemble si un dépistage est adapté à votre situation

Est particulièrement recommandé de consulter dans les situations suivantes : si vous avez des antécédents familiaux de cancer de la prostate, si vous êtes d’origine africaine ou antillaise, ou si vous présentez des symptômes urinaires inhabituels. Votre médecin pourra alors vous orienter sur la conduite à tenir et sur l’éventuel besoin d’examens complémentaires(6)

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Sources :

  1. INCa. Cancer de la prostate. 2025. Disponible sur: https://www.cancer.fr/professionnels-de-sante/statistiques-et-chiffres-sur-les-cancers/epidemiologie-des-cancers/cancer-de-la-prostate

  2. Grosclaude P, Plouvier S, Daubisse-Marlia L, D’Almeida T, Lecoffre C. Survie des personnes atteintes de cancer en France métropolitaine 1989-2018. INCa; 2020. Disponible sur: https://www.santepubliquefrance.fr/docs/survie-des-personnes-atteintes-de-cancer-en-france-metropolitaine-1989-2018-prostate

  3. CDC. Prostate Cancer. 2025. Disponible sur: https://www.cdc.gov/prostate-cancer/index.html

  4. Brigitte. PSA Prostate : Seuils d’alerte et interprétation - Ce qu’il faut savoir ! Prostate Paris. 2025. Disponible sur: https://www.prostate-paris.fr/psa-prostate/

  5. Les stades du cancer de la prostate - HIFU prostate. Disponible sur: https://www.hifu-prostate.fr/informations-cancer-prostate/les-stades-du-cancer-de-la-prostate/

  6. INCa. Le dépistage du cancer de la prostate. 2025. Disponible sur: https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/cancer-prostate/depistage 

NB : l’objectif de ce contenu est de vous donner certaines réponses d’ordre général, mais il ne peut en aucun cas remplacer les informations personnalisées que votre praticien pourra vous délivrer lors d’une consultation.

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