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La médecine polyvalente, une prise en charge globale et personnalisée

Dans les services de médecine polyvalente, nous accompagnons des patients souvent atteints de plusieurs pathologies fréquemment interconnectées entre elles. Par exemple, lorsqu’un patient diabétique est hospitalisé pour une infection de la peau, les doses d’antibiotiques doivent être adaptées à la fonction rénale car cette dernière est altérée par le diabète ; il est aussi souvent nécessaire de modifier le traitement anti diabétique durant la période d’infection. Cette complexité nécessite une vision d’ensemble et une prise en charge globale pour traiter dans les délais les plus brefs, pour prévenir les complications et pour assurer le maintien de l’autonomie des patients durant leur séjour hospitalier.

Quelles pathologies sont généralement prises en charge dans les services de médecine polyvalente ?

Les patients arrivent majoritairement dans le service directement depuis les urgences, depuis leur domicile ou depuis un EHPAD. Parfois, ils sont adressés par un service de chirurgie suite à un évènement post opératoire aigu, tel qu’une infection respiratoire, une décompensation cardiaque ou une confusion.

Nos équipes prennent ainsi en charge une grande variété de troubles. Les pathologies fréquemment rencontrées sont l’insuffisance cardiaque, les infections du rein (pyélonéphrite) et du poumon (pneumopathie), la décompensation de bronchopneumopathie chronique obstructive, les troubles métaboliques (diabète décompensé, hyponatrémie, l’anémie ou les plaies chroniques complexes.

Les médecins du service

Les praticiens exerçant dans les services de médecine polyvalente sont issus de la médecine générale, de la gériatrie ou encore de la médecine interne. Ils jouent un rôle central car en plus de leur démarche diagnostique et de thérapeutique, ils coordonnent la prise en charge avec les autres professionnels. 

En effet, le profil des patients, souvent polypathologiques et âgés, nécessite un accompagnement pluridisciplinaire : les professionnels paramédicaux et sociaux accompagnent le patient dans toutes les dimensions du soin pour permettre de faciliter la guérison et d’anticiper le retour à domicile...  

L’équipe soignante

Les infirmières assurent le suivi des paramètres vitaux, des symptômes, ainsi que l’administration des traitements.

Les aides-soignantes accompagnent les patients dans la réalisation de leurs gestes du quotidien et les encourage à récupérer leur autonomie le cas échéant : aide à la toilette, déplacements en chambre, aide aux repas… 

Les paramédicaux et professionnels sociaux

La diététicienne détecte la dénutrition et adapte les repas.

Le kinésithérapeute aide à récupérer les amplitudes articulaires ou à travailler l’équilibre à la marche.

l’APA (activité physique adaptée) renforce les muscles et aide à maintenir l’autonomie ; le psychologue évalue une éventuelle souffrance et initie l’accompagnement.

L’assistante sociale anticipe les aides nécessaires lors du retour à domicile ou identifie des solutions alternatives.

Les spécialistes

L'avis de médecins spécialistes peut être sollicité par le praticien de médecine polyvalente si la situation du patient présente certaines spécificités. Par exemple, pour un patient initialement hospitalisé pour une infection pulmonaire, l’apparition d’un trouble de conduction cardiaque nécessite un avis cardiologique. 

Les spécialistes, tels que cardiologue, infectiologue, diabétologue, pneumologue sont les plus sollicités.

Les 3 étapes clés du séjour parcours du patient

Le diagnostic

Il s’agit d’analyser les symptômes, hiérarchiser les hypothèses, prescrire les bons examens. Les pathologies fréquemment rencontrées sont les infections pulmonaires, les pyélonéphrites (infections du rein), l’anémie, l’insuffisance cardiaque… 

Le traitement

Choisir le traitement issu des dernières recommandations scientifiques, adapter les posologies au poids corporel ou encore à la fonction rénale, définir la durée la plus efficace sans engendrer pour autant d’effets secondaires.

La prévention

Anticiper les risques liés à l’hospitalisation comme les chutes, la confusion chez les personnes âgées, ou la perte d’autonomie.

Quelle est la différence avec un service de médecine spécialisée ?

Un service de médecine spécialisée se concentre sur une pathologie, un organe ou un système en particulier, offrant une expertise approfondie et des traitements très spécifiques pour des affections bien définies.

En revanche, les services de médecine polyvalente adoptent une approche globale, traitant des patients avec des pathologies multiples ou complexes nécessitant une vue d’ensemble et une prise en charge coordonnée.

Le saviez-vous ?

Les maladies chroniques sont de plus en plus fréquentes

En raison de leur prévalence grandissante, elles représentent un enjeu organisationnel pour notre système de santé. En effet, au cours de leur évolution, des pathologies comme le diabète, l’hypertension artérielle, ou les complications respiratoires du tabagisme aboutissent fréquemment à des hospitalisations. Ces situations, souvent complexes et touchant plusieurs organes, nécessitent une approche globale telle que celle proposée en médecine polyvalente.

La population française vieillit

Entre 2020 et 2030, les 75-85 ans passeront de 4 à 6 millions (Insee). Or les personnes âgées souffrent souvent de plusieurs maladies chroniques concomitantes : les services de médecine polyvalente sont ainsi particulièrement adaptés à l’accueil de ces patients.

La raréfaction de l’offre de soins primaires

est un enjeu préoccupant dans de nombreuses régions, affectant aussi bien les zones rurales que certains milieux urbains : le nombre de médecins généralistes français est passé de 86 000 en 2020 à 82 000 en 2025. Les services de médecine polyvalente représentent donc un relais pour accéder rapidement à des soins en cas de pathologie aigue ou de décompensation de pathologie chronique.