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Chirurgie Gynécologique - ILLUSTRATION V2

Hyperplasie de l’endomètre

L’hyperplasie de l’endomètre (ou hyperplasie endométriale) désigne une prolifération excessive des cellules de la muqueuse utérine.

Qu'est ce que l'hyperplasie de l’endomètre

L’hyperplasie de l’endomètre (ou hyperplasie endométriale) désigne une prolifération excessive des cellules de la muqueuse utérine, l’endomètre, souvent liée à une exposition prolongée aux œstrogènes sans action compensatrice suffisante de la progestérone. 

Cette pathologie survient surtout chez les femmes en périménopause ou ménopausées, mais peut aussi affecter des femmes plus jeunes, notamment en cas de désordres hormonaux (anovulation chronique, syndrome des ovaires polykystiques), traitement hormonal mal équilibré, ou conditions favorisant une hyperoestrogénie (obésité, médications, antécédents personnels/familiaux). 

Selon la classification histologique, on distingue plusieurs types d’hyperplasie :

  • hyperplasie simple ou complexe sans atypies (moins de risque),
  • hyperplasie avec atypies (modifications des cellules pouvant être considérées comme pré-cancéreuses) 

Symptômes

Les manifestations peuvent varier selon le type d’hyperplasie, la présence ou non d’atypies, et le stade, mais les plus fréquents incluent :

    Saignements utérins anormaux : règles abondantes, prolongées, ou irrégulières (plus longs ou plus fréquents que d’habitude) Saignements intermenstruels ou métrorragies Saignements post-ménopausiques (chez les femmes ménopausées) sont particulièrement significatifs Parfois, douleurs pelviennes légères, gêne ou sensation de pesanteur utérine (moins fréquentes) Risque d’anémie en cas de saignements importants prolongés Dans les cas asymptomatiques, découverte fortuite à l’imagerie pour autre motif (ex : bilan hormonal, infertilité, échographie)

Diagnostic

Le diagnostic de l’hyperplasie de l’endomètre combine différentes étapes :

  1. Antécédents & examen clinique : enquête sur les saignements, les cycles menstruels, les traitements hormonaux, les antécédents obstétricaux, la ménopause, les facteurs à risque (obésité, diabète, SOPK).
  2. Imagerie : Échographie pelvienne / endovaginale : mesure de l’épaisseur de l’endomètre, évocation d’un épaississement anormal.
    • IRM pelvienne : dans les cas plus complexes ou si le diagnostic échographique est incertain, pour visualiser l’étendue des lésions.
  3. Biopsie endométriale : examen histologique nécessaire pour distinguer hyperplasie sans ou avec atypies, pour éliminer ou identifier un potentiel pré-cancéreux / cancer de l’endomètre. Peut se faire sous hystéroscopie ou par prélèvement.
  4. Classification : typiquement selon l’OMS en hyperplasie simple ou complexe, avec ou sans atypie, car le risque évolutif diffère selon le type.
  5. Bilan complémentaire : recherche d’anémie si saignements, évaluation hormonale selon le contexte, évaluation des comorbidités (obésité, diabète…), examen de fertilité si désir de grossesse.
     

Évolution & complications possibles

  • Les hyperplasies sans atypies peuvent régresser spontanément ou sous traitement médical, mais peuvent aussi persister ou récidiver.
  • Les hyperplasies avec atypies sont considérées comme des lésions précancéreuses, avec un risque augmenté de progression vers un cancer de l’endomètre si non traitées efficacement.
  • Si le diagnostic est tardif, ou en l’absence de traitement adéquat, risque de cancer endométrial.
  • Retentissement fonctionnel : saignements répétitifs, anémie, perturbations du cycle, impact sur fertilité si l’endomètre est altéré.

Traitements proposés

Le traitement dépend du type (sans ou avec atypies), du profil de la patiente (âge, désir de grossesse), des comorbidités, des symptômes.

Traitements médicaux

  • Progestatifs : traitement de première ligne dans les hyperplasies sans atypies, ou chez les femmes souhaitant conserver l’utérus. Inclut traitement oral ou via dispositif intra-utérin hormonal (DIU progestatif) pour contrer l’effet des œstrogènes.
  • Régulation hormonale : ajustement de la balance œstrogènes / progestérone, arrêt ou modification de traitements hormonaux susceptibles de provoquer un déséquilibre.
  • Mesures non médicamenteuses : perte de poids si obésité, gestion des facteurs de risque métaboliques (diabète, hypertension), correction des troubles ovulatoires (SOPK) s’ils existent.

Traitements chirurgicaux

  • Ablation endométriale / hystéroscopie opératoire : destruction ou retrait de la muqueuse utérine, selon les cas, pour contrôler les saignements et réduire le risque évolutif.
  • Hystérectomie : envisagée dans les hyperplasies avec atypies, ou si les traitements conservateurs échouent, ou si la patiente ne souhaite plus de grossesse.
  • Curetage diagnostique ou thérapeutique parfois utilisé selon contexte.

FAQ & éléments utiles