Incontinence urinaire d’effort ou mixte
Qu'est ce que l'incontinence urinaire d’effort ou mixte ?
L’incontinence urinaire d’effort et l’incontinence mixte sont des troubles fréquents qui affectent la continence chez la femme.
- Incontinence urinaire d’effort : perte involontaire d’urine lors d’une augmentation de la pression intra-abdominale (tousser, éternuer, rire, efforts physiques) sans qu’il y ait de besoin impulsif d’uriner.
- Incontinence mixte : combinaison des symptômes de l’incontinence d’effort et de l’incontinence par impériosité (ou hyperactivité vésicale). Autrement dit, la femme présente à la fois des fuites à l’effort et des envies impérieuses et incontrôlables d’uriner.
Ce trouble peut avoir un retentissement important sur la qualité de vie (activité, sommeil, bien-être psychosocial), et nécessite une prise en charge adaptée, personnalisée selon la gravité, les antécédents et les attentes de la patiente.
Symptômes
Les symptômes varient selon le type (effort, mixte) et l’intensité, mais les plus fréquents sont :
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Fuites urinaires lors d’un effort : rire, toux, éternuement, port de charges, changement de position.
Fuites urinaires sans effort, associées à des envies urgentes d’uriner (impériosité) dans les formes mixtes.
Nycturie (levers nocturnes fréquents pour uriner) dans certains cas.
Fréquence mictionnelle augmentée, urgences mictionnelles.
Impact émotionnel ou social : gêne, évitement d’activités, modifications du comportement ou de la vie quotidienne.
Diagnostic
Le diagnostic est clinique, complété par des examens selon la gravité et les symptômes. Les étapes sont :
- Interrogatoire : nature des fuites (moment, circonstances), fréquence, impact, antécédents gynéco-obstétricaux, antécédents chirurgicaux, traitements hormonaux, antécédents de prolapsus ou interventions pelviennes.
- Examen clinique : bilan du périnée (tone, mobilité, éventuels prolapsus associés), examen urogénital, vérification de la mobilité urétrale, évaluation de l’état des tissus (confirmer s’il y a atrophie, faiblesse sphinctérienne).
- Examens complémentaires selon les cas :Analyse d’urine pour éliminer une infection (ECBU).
- Échographie pelvienne ou abdomino-pelvienne (vessie, urètre) pour vérifier l’anatomie, les résidus, exclure obstructions ou masses.
- Bilan urodynamique : permet de mesurer la capacité vésicale, les pressions, le comportement du détrusor, le sphincter et d’évaluer la composante par impériosité.
- Évaluation des facteurs favorisants : âge, ménopause, surcharge pondérale, antécédents obstétricaux, efforts répétés, toux chronique, constipation, prolapsus génital
Évolution & complications possibles
- Si non traitée, l’incontinence peut s’aggraver avec le temps, les fuites devenir plus fréquentes ou abondantes.
- Retentissement sur la qualité de vie : isolement, anxiété, troubles du sommeil, hygiène personnelle, malaise psychologique.
- Risques d’irritation cutanée, infections des voies urinaires secondaires aux fuites répétées.
- Dans les cas mixtes, les symptômes de l’impériosité peuvent devenir plus invalidants s’ils prédominent.
- Possibilité d’aggravation liée à d’autres facteurs (ménopause, baisse hormonale, obésité, chute de tonicité musculaire pelvienne, chirurgie ou traumatisme).
Traitements proposés
Le choix du traitement dépend de plusieurs critères : sévérité des symptômes, état pelvien, âge, souhait de grossesse, pathologies associées, préférence de la patiente.
Traitements non chirurgicaux / conservateurs
- Rééducation périnéale : exercices ciblés pour renforcer les muscles du plancher pelvien, améliorer le soutien urétral.
- Techniques comportementales : modification des habitudes hydriques, élimination des boissons irritantes, gestion de la constipation, perte de poids si nécessaire.
- Utilisation de pessaires urétraux ou dispositifs de soutien chez certaines patientes, selon disponibilité.
- Traitements médicamenteux dans les cas mixtes ou à composante impériosité : anticholinergiques, agonistes des récepteurs β3-adrénergiques, parfois traitement hormonal local (œstrogènes) en cas d’atrophie urétrale ou vaginale.
Traitements chirurgicaux / interventionnels
- Bandelettes sous-urétrales (TVT, TOT) : pose de bandelette pour supporter l’urètre et corriger l’hypermobilité dans les formes d’incontinence d’effort.
- Colposuspension (ex : méthode de Burch) selon les antécédents et l’anatomie.
Autres techniques selon les cas (injections péri-urétrales, implants sphinctériens pour les insuffisances sphinctériennes sévères, etc.). - Chirurgie combinée quand il y a prolapsus associé à traiter également.