Chirurgie colorectale
La chirurgie colorectale consiste à retirer un morceau de côlon malade, tout en préservant le reste du côlon sain. Les deux extrémités restant en place sont raccordées ensemble pour rétablir la continuité de l’intestin, on parle d’anastomose.
3 techniques chirurgicales existent :
La cœlioscopie est une technique opératoire peu invasive, qui permet d’intervenir à l’intérieur du ventre sans pratiquer de larges incisions. Cette technique a l’avantage de limiter la taille des cicatrices, de diminuer les douleurs post-opératoires et de permettre une récupération plus rapide par rapport à une intervention par laparotomie.
Réhabilitation Améliorée Après Chirurgie : RAAC
La réhabilitation améliorée est un ensemble de mesures qui permet au patient de mieux récupérer et plus vite après une intervention chirurgicale. Le patient retrouve plus rapidement son autonomie, son environnement familial et ses activités quotidiennes.
Le patient est l’acteur principal de ses soins tout au long de la période. Sa participation et adhésion sont essentielles pour la réussite de cette prise en charge.
Les grands principes de la RAAC
- Alimentation et hydratation le plus tard possible avant l’intervention (cf. consignes de l’anesthésiste) et le plus rapidement possible après l’intervention (cf. consignes du chirurgien).
- Technique opératoire mini invasive : cœlioscopie.
- Limitation des sondes et des drains (voire absence) en post-opératoire.
- Gestion optimale et multimodale de la douleur, avec notamment l’utilisation d’anesthésiques locaux au cours de l’intervention et un relai par comprimés oraux en post-opératoire (à prendre sans attendre la douleur et régulièrement afin d’éviter les périodes douloureuses).
- Mobilisation et exercices respiratoires avant l’intervention et dès le retour en chambre après l’intervention. La mobilisation et la marche en post-opératoire sont indispensables à la reprise du transit et pour décontracter vos muscles.
- Arrêt du tabac, ou forte diminution dans les 8 semaines qui précèdent votre intervention. Nous vous rappelons que le tabac est contre-indiqué dans la prise en charge en chirurgie. Il entraine une augmentation des risques de complications respiratoires, cardiovasculaire, infectieuses et péri-opératoires. En effet, le tabac altère la cicatrisation et représente donc un risque majeur sur l’anastomose (plus d’information à la fin de ce guide).
Préparation colique
Certains patients nécessitent de réaliser une préparation colique en amont de leur intervention. Votre chirurgien vous expliquera si cela est votre cas :
- Pas de préparation colique
- Préparation colique nécessaire
- Antibioprophylaxie la veille
Régime alimentaire
Votre chirurgien vous a peut-être conseillé de suivre un régime alimentaire sans résidus dans la semaine qui précède votre intervention. Cela signifie qu’il faut supprimer la consommation de fruits, de légumes, de sucreries et de chocolat ; et favoriser la consommation de féculents, de viandes ou poissons maigres et de fromages à pâte cuite.
La préparation cutanée
Le chirurgien vous préconise la préparation cutanée suivante, selon votre profile :
- La dépilation n’est pas nécessaire ;
- La dépilation est nécessaire ⟶ Fiche 3 “Consignes d’hygiène” de votre Passeport
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La consommation de tabac*
Le tabagisme périopératoire chez l’adulte augmente le risque de complications générales.
Quels sont les risques liés à la consommation de tabac en préopératoire ?
X3 le risque infectieux et coronaire
X2 le risque d’être transféré en réanimation
X2 le risque de complications respiratoires immédiates
X2 à 4 le risque :
- de complications de cicatrice
- d’éventration après laparotomie
- de Médiastinite
- de lâchage de suture digestive
- de thrombose de prothèse vasculaire
- de retard de consolidation osseuse
Quels sont les bénéfices prouvés de l’arrêt préopératoire du tabac ?
- Arrêt du tabagisme 6–8 semaines avant l’intervention entraîne la disparition du risque de complications opératoires dues au tabac.
- Arrêt un peu plus tardif 3–4 semaines avant l’intervention apporte sur tous les paramètres opératoires un bénéfice.
- Arrêt moins de 3 semaines avant l’intervention est globalement bénéfique car la diminution documentée des complications au niveau du site opératoire et cardiovasculaire relativise le risque controversé de majoration transitoire des complications respiratoires lors d’un arrêt une à deux semaines avant une intervention
- Arrêt 12–48 heures avant une intervention permet une baisse du CO circulant et donc une meilleure oxygénation.
- Poursuite de l’arrêt du tabac durant le temps nécessaire à la cicatrisation : 2–4 semaines, et éventuellement à la consolidation osseuse : 2–4 mois, favorise les suites opératoires
Le conseil d’une simple réduction de la quantité de tabac fumé sans substitution nicotinique avant une intervention n’est pas recommandé.
Pour en savoir plus, consulter le site de la Société Française d'Anesthésie et de Réanimation.
* Inspiré par la Société Française d'Anesthésie et de Réanimation (SFAR)
Préparation respiratoire à la chirurgie abdominale
Dans le cadre de votre intervention abdominale, il est important de réaliser des exercices respiratoire avant l’opération, pour une bonne préparation, et après, pour une meilleure récupération.
Découvrez les exercices de Frédéric, Kinésithérapeute au CHP de l’Europe :
Cette consultation a pour but d’élaborer la stratégie anesthésique la plus adaptée au patient. C’est une consultation médicale et un moment d’échange entre le patient et son praticien autour des risques liés à l’intervention. N’oubliez pas de compléter et d’apporter votre questionnaire d’anesthésie pour cette étape.
Le jeûne
Reportez-vous aux consignes qui vous ont été fournies ou suivez les consignes de la Fiche 4 “Consignes de jeûne” de votre Passeport.
Attention, ces consignes sont indispensables ! Leur non-respect entraînera l’annulation de l’intervention.
Suivi après l’intervention
Une consultation de suivi post-opératoire avec votre chirurgien sera prévue.
Conduite à tenir en cas de complications
Comme dans toute intervention, des complications post-opératoires peuvent survenir. Même si celles-ci sont relativement rares, il est important que vous connaissiez les signes qui doivent vous alerter.
- Douleur abdominale non calmée par les antidouleurs
- Fièvre supérieure à 38°C
- Battements du cœur rapides
- Essoufflement brutal
- Vomissements
- Persistance de sang dans les selles
- Cicatrice douloureuse, suintante et très rouge